Dépêches

Ruines et idées mortes

ruines-03Les ruines s’accumulent et deviennent imposantes pour la plus grande joie du « bloc » du mal et le désespoir du « bloc » du bien. Mais devons-nous vivre parmi les ruines ? Devons-nous continuer d’obéir aux coutumes, aux préjugés ? Devons-nous continuer à nous soumettre à la fausse ou la vraie tradition ? Il y a la tradition des vrais penseurs, des progressistes qui vivent en phase avec le temps et l’espace dans lesquels ils évoluent, et la tradition des médiocres et des passéistes. La fausse tradition qui est un amas de ruines et de préjugés a la prétention de se substituer à la vraie tradition. Le « bloc » du bien ne doit avoir aucun respect pour ces ruines odieuses que les passéistes essaient de restaurer.

Toutefois, il y a un passé de meurtres et de carnage qui est un souvenir douloureux ; il y a un passé de gloire et de génie qui est toujours présent. Le « bloc » du bien se doit de faire chaque jour des efforts désespérés contre les restaurateurs de ruines qui, pour bâtir quelque chose, empruntent des matériaux aux anciens édifices. Il s’agit des salafistes et plus particulièrement les wahhabites. Cet amalgame engendre de singulières architectures, dans lesquelles la vie ne pénètre pas, où l’on étouffe, où l’on se sent comme dans un tombeau. C’est ce que nous allons oser appeler les idées mortes du devoir, de soi-disant responsabilité… C’est pourquoi, il faut toujours craindre de substituer une idée morte à une autre idée morte. Les idées vivantes rejettent toujours le joug des idées mortes.

Au sein du monde arabo-musulman, l’establishment religieux qui parle du devoir et de la raison déforme le sens de ces mots. Il ne voit pas que le devoir est de se perfectionner contre les lois, les fatwas et l’autorité, sans le secours de la morale des salafistes et des wahhabites. Il ne voit pas qu’il y a au-dessus du pouvoir spirituel et du devoir abstrait, le pouvoir temporel et le devoir réel des hommes libres. Le devoir de tous les vivants est de s’affranchir des pouvoirs et des devoirs imposés par les morts.

La société fondée sur les morts et leurs ruines nous parle de devoirs, et nous savons ce qu’elle entend par là : le devoir de tuer, le devoir de mentir, le devoir de sacrifier les innocents en recourant à la terreur et aux actes terroristes. Face à ce « bloc » du mal, il y a un autre « bloc » qui est le « bloc » du bien. Il consiste en d’autres devoirs plus héroïques : c’est le devoir de ne pas tuer des innocents, d’essayer toujours de dire la vérité sur toute chose, le devoir de ne pas perpétrer des crimes terroristes, etc. Voilà le « bloc » du bien par excellence. Tout le reste n’est que convention, sabotage, hypocrisie et bluff.

Said Chatar

Saïd
CHATAR

Voir aussi

MAROC-ALGERIE : Je t´aime, moi non plus !

Depuis l´occupation de la France de notre voisin l´Algérie en 1830, les relations Maroco-Algériennes se …