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Ramadan, mois de la bouffe

ou  la gourmandise ramadanesque

Chaque année, pendant le mois du Ramadan, entre le jeûne et la rupture du jeûne bonjour les dégâts. Parmi les Musulmans, une infime partie sort indemne. Seuls les courageux et les téméraires terminent ce mois sans préjudice quelconque.

Ramadan est un mois de piété et de dévotion, un mois d’abstinence et de sobriété, un élan de générosité et de partage. Malheureusement, pour beaucoup de familles, il est plein de pièges car elles changent radicalement leur mode de vie pendant ce mois sacré. Le mois de Ramadan devient alors une période de surconsommation et de gaspillage.

Pendant onze mois on vit normalement comme des êtres humains. Puis dès l’annonce du mois sacré beaucoup de gens consciemment ou inconsciemment se transforment et se métamorphosent dans un court laps de temps et on devient  friand et très gourmand. On entre brutalement dans un monde fou de consommation à outrance.

Après une journée (presque 20 heures, de 4h00 à 22h00) de privation et d’abstinence arrive un moment d’excès nutritionnel en bombardant le corps sans merci et en un temps record. L’appareil digestif est agressé violemment et impitoyablement et il est soumis à rude épreuve.

On appelle ça Iftar ou Ftour, c’est-à-dire « petit déjeuner ». Ce n’est plus un petit déjeuner traditionnel mais c’est une orgie de la grande bouffe.

Voyons ce qui s’offre généralement au Ftour, Harira (soupe traditionnelle marocaine utilisée principalement pendant tous les jours du mois de Ramadan), et entre autres lait, dattes, Khobz Makla, Rghayef, Baghrir, Rezzet ElKadi, Msemen, Chebakiya, Sfouf, jus d’orange, fruits, thé et pâtisserie.

A peine deux heures après rebelote, Tagine, viande ou poisson, pain, sauce, légumes, boissons froides, thé ou café, et des fruits. Ce n’est pas le Ftour c’est la guerre c’est le Jihad contre le corps.

A peine deux heures après rebelote, c’est le Shour, (le dernier manger avant la rupture du jeûne).

Surtout quand on est nombreux et en famille, l’orgie festive et l’orgasme gastronomique nous empêchent de réfléchir sur le bien fondé de cette obstination de consommer abusivement autant de produits pendant et après le Ftour.

On ne fait plus attention au régime alimentaire, à la tension artérielle, au diabète, au cœur, aux reins, à l’estomac et, l’égoïsme culinaire nous rend momentanément amnésique aux conseils du médecin traitant et aux contre indications des médicaments prescrits. On devient une vraie machine à bouffer et à consommer. Pendant des heures, déchaînés, excités on fait que grignoter, croquer, mâcher, mastiquer, broyer, avaler, dévorer et ingurgiter.

Ce n’est que le lendemain matin qu’on se rend compte qu’on a un peu exagéré. Tant pis, l’après midi, comme un rituel la même cérémonie va se répéter tout le mois. Bien rodée, toute la famille se met au besogne pour préparer la prochaine bataille pour le ftour suivant.
Les habitudes alimentaires ramadanesques vont à l’encontre du mode de vie actuelle surtout en Europe. Si les produits ont évolué qualitativement, la quantité aussi, surtout la sucrerie.

Conséquence, après un mois d’excès, de surcharge et de surplus la femme marocaine devient obèse avec un derrière bien garni et l’homme avec un ventre gonflé corpulent et charnu. Les enfants non plus n’échappent pas à ce phénomène grave et dévastateur.
Le mois de Ramadan est devenu hélas un mois de surconsommation et de dépenses inutiles. Une charge de plus en ces temps difficiles. Un gaspillage excessif, surabondant et exorbitant qui ne sert que les commerçants.

Un pilier important de l’Islam transformé en parfaite contradiction avec la philosophie  islamique du ramadan et son sens profond en occultant sa spiritualité.

Une occasion rêvée et un opportunité idéale pour mieux vendre et inciter les jeûneurs à consommer toujours davantage.

Au Maroc comme ailleurs les prix des produits de première nécessité augmentent exagérément. Et d’après plusieurs études, pendant le mois de Ramadan les dépenses alimentaires des ménages marocains augmentent d’au moins 30%.

Je conclus par une sourate :
« …Mangez et buvez, mais ne  gaspillez point ! Car Allah n’aime pas les gaspilleurs »

Sarie Abdeslam

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