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La paix au Mali

Par Belhaloumi Abdelrhani
belhaloumi.a@skynet.be

M. Belhaloumi
M. Belhaloumi

Le Soudan français a été envahi par la France en 1883 et a eu son indépendance en 1960 sous la conduite de Modibo Keïta, tout en conservant le nom de Mali. Et depuis le processus appelé Scramble for Africa («ruée vers l’Afrique») et la conférence de Berlin qui a consacré le partage de l’Afrique en 1884-1885, l’Afrique n’a cessé de vivre des guerres et la misère jusqu’à nos jours. Ces conflits armés ont un impact direct sur la vie des populations ainsi que sur leur environnement physique et écologique, obèrent gravement les maigres ressources de ces Etats, et hypothèquent les chances de ce continent à se développer. Et malgré ses richesses, l’Afrique est condamnée avec les effets de la mondialisation à végéter du fait que sur le marché international, ce sont les acheteurs de ses produits qui en fixent les prix et pas elle. Et ce sont des pays étrangers qui décident de faire la guerre ou pas sur son territoire. Personne ne veut écouter les populations africaines qui crient fort qu’elles veulent la paix et le développement plutôt que la pérennisation des conflits armés. Madame Aminata Traoré, écrivain et pacifiste malienne, dénonce partout où elle va la violation de la résolution 1973 des Nations unies par les occidentaux, et en appelle à la paix en Afrique. Pour elle, tout comme pour le peuple malien dans sa diversité, les Bambaras, les Bobos, les Bozos, les Dogons, les Khassonkés, les Malinkés, les Minianka, les Peuls, les Sénoufos les Soninkés (ou Sarakolés), les Sonrhaïs, les Touareg, et les Toucouleurs, c’est la paix qui résoudra le problème malien et renforcera son unité et rien d’autre. Et donc, sous le contrôle des Nations unies et la Commission européenne, un dialogue à Bruxelles entre le gouvernement malien et les rebelles du Nord, en présence des pacifistes, de la société civile malienne et africaine serait l’occasion pour l’Afrique de tester la crédibilité de l’Union européenne dans ce conflit

Pourquoi, donc, les pays sans force de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) pressent-ils l’ONU de voter une résolution pour la solution de la force ?

Et pourtant, l’Union africaine créée en 1963 et la Communauté internationale ont échoué face à tous les conflits sur le continent africain.

Il est difficile de dresser une typologie des différents conflits armés en Afrique. Ils ont tous un sous bassement commun: la dette, le déficit démocratique, ingérence étrangère et les répercussions des changements climatiques. Aujourd’hui en Afrique, quatorze (14) pays sont en guerre (Guinée Conakry, le Liberia, le Nigeria et la Sierra Leone ; en Afrique de l’Est, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Somalie, le Soudan et l’Ouganda ; en Afrique centrale, le Burundi, la République démocratique du Congo et le Rwanda ; enfin en Afrique australe, l’Angola et le Zimbabwe) ou vivent une situation précaire d’après-guerre ou, encore, sont embourbés dans un contexte qui, s’il n’est pas celui de guerre, peut malheureusement en constituer l’étape préliminaire. En 1994, Il y’a eu aussi au Rwanda un génocide de la minorité tutsie par les milices hutues. Puis, on a eu une guerre civile au Darfour (pour l’eau et la terre), une crise politico-militaire en Côte d’Ivoire 2002-2007, et la partition du Soudan qui n’a pas mis fin à la guerre etc…. Ces conflits sont souvent présentés comme faisant partie des « pathologies » africaines plutôt qu’onusiennes, brassant indistinctement ethnicité, religion et accaparement des ressources naturelles.

En effet, l’Afrique n’aurait pas eu le visage qu’elle présente aujourd’hui s’il n’y avait pas eu de colonisation. Exemple on avait en 1235 l’empire du Mali, appelé aussi Mandé ou Manden. Et lorsque Sundjata Keita ou Soundiata Keïta gagna avec son armée la bataille de Kirina[, ], il y’eut la charte de KurukanFuga ou charte du Manden, en 1236, qui s’apparente en certains points à une déclaration des droits de l’homme..

Dans le conflit malien, la France et la Cédéao veulent aller vite, mais l’Amérique freine.
La volonté de la France et des Africains d’obtenir rapidement le feu vert de l’ONU à l’intervention d’une force internationale dans le nord du Mali aux mains d’insurgés se heurte au scepticisme de Washington, qui doute de la capacité de Bamako et de ses voisins à mener à bien l’opération.

Parallèlement, la résolution appellera à un dialogue national à Bamako et à une réconciliation entre le gouvernement malien et les touaregs sécessionnistes du Nord (Azawad).

Washington traite cette crise comme « un problème de terrorisme ». Ban Ki-moon, en publiant un rapport qui souligne abondamment les risques de l’opération, notamment en termes de violations des droits de l’homme (en oubliant la catastrophe humanitaire), a refroidi les ardeurs guerrières et fortement irrité les Africains. Les tractations autour de la résolution risquent d’être ardues même s’il n’y a pas d’objection fondamentale à l’approche française, en dehors des Etats-Unis.

Les autres Européens du Conseil, Royaume uni et Allemagne, sont en faveur de l’autorisation, avec des précautions comme une priorité donnée à la réconciliation politique sur le volet militaire.

Pour les Nations unies, la facture militaire africaine atteint plus de 5,5 milliards jusqu’à présent. Ah, si elle était consacrée au développement et à la paix ou distribuée aux pauvres en Afrique!

A ce propos Dounia News