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Partout où il est question de voile, dans l’oral ou dans l’écrit, lors d’une conférence ou lors d’une émission télévisée, dans l’enceinte du parlement ou au niveau d’une réunion officielle, toutes et tous se déclarent comme les sauveurs de la femme musulmane

La féministe française

Elisabeth Badinter, qui conçoit le voile comme une oppression de la femme

Permets-moi, cher ami, d’user de cette phrase, tirée d’un des articles de la dernière revue de presse de Dounia News, comme titre à la modeste réflexion que je te fais parvenir.

Partout où il est question de voile, dans l’oral ou dans l’écrit, lors d’une conférence ou lors d’une émission télévisée, dans l’enceinte du parlement ou au niveau d’une réunion officielle, toutes et tous se déclarent comme les sauveurs de la femme musulmane, les défenseurs de cette oppressée, de cette écrasée, de cette victime du monstre barbu et enturbanné, inceste, obsédé sexuel, machiste et sadique… Inouï ! Scandaleux !

Scandaleux est cette caricature qui est à des années lumière du respect des droits et de la dignité humaine ! Scandaleux est le fait de prendre la femme voilée pour une tarée qui ne connaît pas ses droits et qui est incapable de penser où se trouve son bien et où est situé son problème ! Scandaleux est le fait de prendre toutes ces femmes pour des crétines, soumises et terrorisées !

A-t-on demandé à ces femmes voilées si elles sont contraintes par le « monstre » d’ainsi se vêtir ? A-t-on jamais procédé à un sondage pour voir qui, parmi les femmes voilées, est obligée par les « terroristes » de sa tribu à le faire et qui a choisi de le faire en toute liberté ?

Dans une même famille – Ô combien nombreuses sont ces familles ! – on trouve des voilées et des non voilées, sœurs parfois, qui vivent ensemble, qui sortent ensemble, qui vivent dans l’harmonie et dans le respect mutuel. Où est donc le problème ? On voit même des mamans non voilées ayant des filles qui ont opté pour le voile.

N’oublions pas que le voile, le caftan, la djellaba, le hayek, le selham, le tarbouch, le henné, la babouche, les gros bijoux en argent, etc… font partie intégrante de la culture des pays dont sont originaires toutes ces femmes et leurs « monstres » comme semblent les percevoir ceux et celles dont personne n’a érigé en avocats.

Et si vraiment, les populations autochtones, libres chez elles, deviennent si allergiques à ce bout de tissu qui fait tant de tapage, à ne plus en supporter la vue, il existerait une solution franche et claire : « Aicha, tu as le choix entre enlever ton voile ou celui de faire ta valise ». Punto !

Pour sauvegarder la « civilisation », quelques dérapages (on en a vu en ex-Yougoslavie, à Guantanamo et à Abou Ghrib, entre autres) pourraient être admis par les « droidhommistes » et légitimités. Mais qu’on arrête, pour l’amour de la laïcité, de parler de défendre la femme musulmane. Elle a tout pour se défendre elle-même, notamment en Europe, si elle se sent lésée.

Il doit être question de défense des droits et non de paternalisme culturel.

M. Mrini

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