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Islamophobie et quoi encore !

L’Islamophobie est une invention récente créée de toutes pièces dans les salons de certains médias par des journalistes qui manquaient cruellement de créativité. L’Islamophobie est une terminaison qui ne colle pas du tout ni à l’Islam ni aux Musulmans mais c’est une notion à géométrie variable. Tant mieux pour les populistes tant pis pour les victimes. Même les créateurs ne pensaient vraiment pas que ce mot allait prendre une dimension gigantesque et va créer des vagues géantes engendrant des dégâts énormes dans le vivre ensemble pratiquement dans tous les pays européens.

Employé au début par ces médias connus par leur velléité contre l’Islam et les Musulmans la nouvelle façon de penser anti-islam a gravi très vite les échelons. Avec le temps ce terme va devenir le leitmotiv des populistes et plus tard des politiciens sans scrupules vont s’en emparer pour verser dans cette coquille vide tout leur poison, leur haine, leur mépris, leur hostilité envers une partie de la population. Enfin, le cynisme et l’irrationnel ont pris la relève et gonflé encore plus par tout ce qui est négatif, pêle-mêle la peur, les préjugés, le racisme, la ségrégation, etc.

Depuis lors, nos détracteurs l’utilisent et l’usent à bon escient. Mais, si nous utilisons l’Islamophobie pour dénoncer des attaques, des actes ou des articles islamophobes on nous répond systématiquement, la liberté d’expression et la liberté de presse über alles. On insulte notre prophète ou on publie des caricatures offensantes, c’est la liberté de presse, on insulte les Musulmans, surtout les femmes, et les traîne dans la boue, on les stigmatise en plein jour, même dans les parlements, les établissements et dans les institutions officielles, on nous répond tout simplement c’est la liberté d’expression.

Le temps passe et l’islamophobie se popularise et la confusion s’installe et s’empire avec les évènements au Moyen Orient. Nous sommes en 2020 et le terme islamophobie est devenu monnaie courante même chez nos amis syndicalistes, politiciens, académiciens et intellectuels même ceux d’origine maghrébine. La même erreur et péché mortel fût l’utilisation de la numérotation des générations marocaines numérotés première, seconde et troisième génération comme des voitures ou des produits manufacturés. Nos générations ne sont pas des objets ou des ustensiles, ce sont tout simplement des êtres humains et on ne les numérote pas on les respecte ainsi que les générations des Belges de souche.

Voir et lire l’article que j’ai publié sur Dounia News le 3 février 2007 sous le titre « Génération Avant-garde, génération Classique ou génération Chevignon  ? »  : http://bit.do/fnFhk

Comme il a été dit et écrit auparavant et régulièrement, le défi de la lutte contre l’islamophobie doit être fait dans le cadre de la solidarité internationale contre le racisme et pour un vrai meilleur vivre ensemble. L’État belge en tant qu’acteur principal doit intervenir avec vigueur pour faire respecter la loi, la constitution et les principes fondamentaux au respect du genre humain. Personnellement je trouve que les critiques doivent rester un principe fondamental pour la liberté d’expression. Néanmoins il faut encourager, mettre en valeur les critiques constructives et bannir toutes les critiques destructives qui dénigrent et stigmatisent des religions, des ethnies ou des sous-groupes.

Depuis plus de 2 décennies, une poignée de spécialistes, de scientifiques, de journalistes, de politiciens croient dur comme fer que, l’islamophobie est la conséquence directe de la création de l’État islamique, de la destruction des deux grattes ciel jumelles et des attaques terroristes un peu partout en Europe et plus spécifiquement à Bruxelles et à Zaventem. Comme toujours c’est la faute des autres. Et, en Belgique, en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles l’autre c’est nous. Nous sommes malgré nous au front, les plus proches et les plus visibles donc des éventuels troubles fêtes.

En Belgique comme ailleurs en Europe le recul de la croissance économique est très palpable, le nombre de pauvres est en nette progression, les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. Et comme toujours on cherche des boucs émissaires pour leur faire endosser la responsabilité de tous les maux dans les sociétés les plus développées. Malheureusement, l’islamophobie comme le populisme rampe doucement, gagne du terrain et de crédibilité. Heureusement, comme un thermomètre l’islamophobie monte et descend suivant les circonstances des moments et d’après les dernières statistiques, en France il y a eu moins d’actes islamophobes qu’auparavant.

En conclusion, j’espère et je souhaite de tout mon cœur que l’année 2020 soit l’année du pardon pour certains, l’année du repentir pour les autres et une année d’un vrai et concret vivre ensemble dans l’harmonie la plus totale. C’est peut être trop demander, mais soyons optimistes et fous, osons rêver pour un vivre ensemble entre nous humains et un vivre ensemble avec le climat, l’environnement et avec tous les cohabitants de notre planète.

Trois cas de figure se présentent quand on est en contact ou pas avec l’islamophobie.

  1. Première situation, sans préavis, sans préalable, à l’improviste l’islamophobie te tombe sur la tête. Comme une fatalité par hasard tu te trouves malgré toi victime de l’islamophobie. Les actes islamophobes varient d’intensité, de gravité et de degré. Cela peut aller d’un geste malheureux et insignifiant, à une plaisanterie, une moquerie, un e-mail anti-musulman, une tête de cochon devant ton domicile, des tags sur ton mur ou sur ta voiture, une bousculade, un tabassage, une noyade ou à l’extrême un meurtre.
  2. Seconde situation, consciemment, inconsciemment, intentionnellement ou délibérément et volontairement tu sautes dans la mare de l’islamophobie et tu te sens bien à l’aise. Entouré d’autres islamophobes tu te sens solidaire et faire parti d’une communauté idéalement homogène. En groupe tu te sens plus fort et tu oses attaquer, stigmatiser, injurier, insulter tout ce qui ne répond pas à la norme standard de ton groupe extrémiste et islamophobe. Aux Etats Unis le Ku Klux Klan brûle la croix pour glorifier leurs actes racistes. En Europe on tague les cimetières juifs ou musulmans et on s’attaque aux femmes et aux filles voilées. Les islamophobes plus audacieux brûlent le saint coran et, les plus intelligents se réjouissent en caricaturant le prophète Mohamed et partent en croisade contre l’Islam et les musulmans se vantant d’être invincibles. C’est un pur délire pathétique et, si on y ajoute le mixe du fascisme, des boissons alcooliques et des psychotropes on récolte une islamophobie hybride, extrémiste, radicalisée capable de commettre irrémédiablement l’irréparable.
  3. Troisième situation, tu n’as jamais été en contact avec l’islamophobie Tu n’es pas raciste, tu n’es pas islamophobe ni judéophobe, tant mieux. Par contre tu es un témoin privilégié car tu es dans la première loge et tu vois tout et rien ne t’échappe. Pour conclure cette situation je vous propose une citation du pasteur Martin Niemöller (1892–1984) :

«  Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester.  »

 

Lire le rapport de 2018, pour le rapport de 2019 nous devons encore attendre : « Rapport CCIF 2019 Rapport sur l’islamophobie pendant l’année 2018 » : http://bit.do/fnF3z

Lire également «Éclairage. L’islamophobie, c’est quoi et pourquoi ?» : http://bit.ly/2QpqWL1

Sarie Abdeslam

Le 31 janvier 2020

sarie@dounia-news.be

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