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Hassan AL-BANNA (1906 – 1949), père fondateur de l’association des « Frères musulmans »

 

Chatar Said
Chatar Said

A la suite de l’arrivée au pouvoir des « Frères musulmans » en Egypte et d’Ennahda en Tunisie, il ne serait pas inopportun d’aborder brièvement, dans la suite de ces lignes, quelques principes politiques d’Hassan AL-BANNA.

Instituteur à Damanhour, Hassan AL-BANNA y créa l’association des « Frères musulmans » (1928) dont il devient le guide suprême. Puis, par le transfert de son centre au Caire, cette association devait rayonner sur tout le monde arabe.

Ainsi, son enseignement et son action politique se situent dans la lignée de la pensée de Jamal-Eddine Al-afghani. Il prônait le retour aux sources de l’Islam qui doit permettre d’en restaurer la puissance, envers et contre tous les courants intrus, notamment le marxisme.

A la période de lutte contre le Front national démocratique (1945–1948), succéda rapidement une vague de terrorisme, dont Hassan AL-BANNA devait payer le prix de sa vie le 12 février 1949.

Ci-dessous le texte de l’une de ses œuvres principales intitulée : « Moudhakkirat ad-da’wa wa ad-da’iya » qui constitue le point extrême du fondamentalisme islamique, poussé jusqu’à ses conséquences les plus rigoureuses. Aucun Etat Arabo-musulman moderne ne peut exister en dehors de la loi et des principes de l’Islam. La force autoritaire et volontariste, et la simplicité de cette pensée sont celles d’un homme de foi qui fut, par-dessus tout, un manieur, voire un manipulateur de foules :

Le crédo des «Frères musulmans»

« Je crois que toute chose revient à Dieu, que notre maître Mohammad, que la bénédiction de Dieu soit sur lui, est le dernier des prophètes envoyé à tous les hommes, que le Coran est le livre d’Allah, que l’Islam est une loi générale de l’ordre du monde et de l’au-delà ; je m’engage à m’appliquer à moi-même une partie du noble Coran, à m’en tenir à la Sunna purifiante, et à étudier la vie du prophète et l’histoire de ses nobles disciples.

Je crois que la rectitude, la vertu et la science font partie des fondements de l’Islam : je m’engage à être droit, à accomplir les rites, à m’éloigner des interdits, à être vertueux, à avoir de bonnes mœurs, à me détacher des mœurs mauvaises, à suivre les pratiques rituelles islamiques autant que faire se peut, à préférer l’amour et l’affection à la dispute et aux procès, n’ayant recours à la justice que contraint, à tirer fierté des rites de l’Islam et de sa langue, et à répandre les sciences et les connaissances utiles dans les classes de la Umma.

Je crois que le musulman doit agir et gagner de l’argent, que tout demandeur et toute personne qui en est privée a un droit sur l’argent qu’il gagne ; je m’engage à travailler pour gagner ma vie et à épargner pour l’avenir, à verser la Zakat, à consacrer une partie de mon revenu à des œuvres de bienfaisance, à encourager tout projet économiques utile, à préférer les produits de mon pays et de mes coreligionnaires, à ne pas pratiquer l’usure dans quelque affaire que ce soit, et à ne pas me perdre dans les choses dépassant ma capacité.

Je crois que le musulman est responsable de sa famille, qu’il est de son devoir d’en préserver la santé, les croyances et les mœurs ; je m’engage à faire tout mon possible dans ce sens ; à insuffler les enseignements de l’Islam aux membres de ma famille, à ne pas mettre mon fils dans n’importe quelle école qui n’enseigneraient pas leurs croyances et leur morale, à boycotter tous les journaux, publication, livres, organisations, groupes et clubs qui s’opposent aux enseignements de l’Islam.

Je crois que le musulman a pour devoir de faire revivre la gloire de l’Islam, en promouvant la renaissance de ses peuples, en restaurant sa législation. Je crois que le drapeau de l’Islam doit dominer l’humanité, et que le devoir de tout musulman consiste à éduquer le monde selon les règles de l’Islam ; je m’engage à lutter tant que je vivrai, pour réaliser cette mission, et à lui sacrifier tout ce que je possède.

Je crois que tous les musulmans ne forment qu’une seule nation unie par la foi islamique et que l’Islam ordonne à ses fils de faire le bien à tous ; je m’engage à déployer mon effort pour renforcer le lien de fraternité entre tous les musulmans, et pour abolir l’indifférence et les divergences qui existent entre leurs communautés et leurs confréries.

Je crois que le secret du retard des musulmans réside dans leur éloignement de la religion, que la base de la réforme consistera à faire retour aux enseignements de l’Islam et à ses jugements, que ceci est possible, si les musulmans œuvrent dans ce sens, et que la doctrine des Frères musulmans réalise cet objectif. Je m’engage à m’en tenir fermement à ces principes, à rester loyal envers quiconque travaille pour eux, et à demeurer un soldat à leur service, voire à mourir pour eux (…).

La loi des « Frères musulmans » s’inspire de la règle même établie par Mohammad (…). Il n’est pas un seul mot, dans la foi des Frères musulmans, qui ne se fonde sur le Livre d’Allah, la Sunna de son prophète et l’esprit de l’Islam authentique. Examinez chacun de ces propagandes tant que vous voudrez ; vous n’y trouverez que la vérité islamique imposée par l’Islam, proclamée par la religion, préconisée par le noble Coran et à laquelle nous invite le prophète de Dieu (…). Ô fils de notre Ummah qui nous est chère et que nous aimons, nous sommes musulmans, cela suffit ; notre voie est celle du prophète d’Allah, cela suffit ; notre foi est tirée du Livre d’Allah, de la Sunnah de son prophète, cela suffit. Si ce que nous disons ne vous plait pas, alors adoptez les doctrines des étrangers, que rien ne rattache à nous.

Ceux qui doutent des Frères musulmans, après que leur position ait été ainsi rendue claire et malgré la pureté de leur foi, sont, soit ceux qui n’ont pas étudié l’Islam d’une manière authentique qui les mette en mesure d’en assimiler l’esprit, d’en pénétrer les objectifs et les intentions (…) ; soit ceux qui possèdent un cœur malade et de mauvaise foi (…).

(…) La religion qui satisfait l’appétit spirituel de l’humanité et lui prodigue la tranquillité de conscience et le bonheur dont elle a besoin, c’est l’Islam, le lien le plus puissant qui unit les sources d’amour dans les âmes de la nation, renforce l’entente entre les peuples, et mène le monde d’une manière assurée vers l’unité générale, aspiration la plus élevée des réformateurs et des sages, et base du bien de l’humanité ; c’est l’Islam qui fonde l’Etat sur les principes de la justice, établit le gouvernement sur des droits bien définis, et donne à chacun des membres des classes de la nation son droit, sans frustration, méconnaissance, ni injustice (…). Il y a là une leçon pour les dirigeants orientaux qui ont voulu, ou voudront, rechercher pour leurs peuples une voie autre que l’Islam afin de fonder sur elle la renaissance et constituer la religion, la Ummah et l’Etat.

Les musulmans ne pourront réussir, aujourd’hui, qu’en suivant la même voie que notre maître Mohammad (…). En effet depuis que les nations orientales ont abandonné les enseignements de l’Islam pour tenter de leur en substituer d’autres qu’elles ont crus à même de réformer leurs affaires, on les voit se débattre dans les sentiers de l’incertitude et subir l’amertume des échecs, payant cher le prix de cette déviation, dans leur dignité, leur morale, leur fierté et leur administration (…). La ressource de l’Orient réside dans sa morale et dans sa foi. Que les dirigeants de l’Orient se préoccupe donc de fortifier son âme, de lui restituer sa morale perdue, car telle est l’unique voie pour promouvoir une renaissance véritable ; et ils ne réussiront à cela qu’en retournant à l’Islam et en s’attachant à ses enseignements (…).

L’application de cette méthode à la situation des musulmans d’aujourd’hui (…), sera une longue affaire. Les événements politiques et sociaux ont creusé entre les musulmans et leur foi un profond fossé, les moyens subjectifs employés par les ennemis de l’Islam pour éloigner les musulmans de l’Islam au cours de l’époque moderne sont efficaces, et les musulmans eux-mêmes font la guerre à leur religion, brisant leur épée de leur propre main, livrant le poignard à celui qui veut les abattre avec leur consentement, coopérant avec ceux qui démolissent leur religion, qui est le fondement même de leurs régimes et la base de leur force. Tout cela, les Frères musulmans le savent (…). Ils n’ont jamais cru, quand ils ont décidé d’agir, que leur serait facile et aisé mais, prévoyant les obstacles, ils s’y sont préparés et y ont préparé leurs biens, leur foi et leur croyance (…).

Tout cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer à l’action. Au contraire, les obstacles ne feront qu’intensifier notre énergie et les difficultés qu’accélérer notre marche vers la lutte, comme le dit la parole d’Allah le Très-Haut :

Ô « Frères musulmans », la victoire appartient à la patience, le salut à la fermeté, et la récompense attend les êtres pieux » ! 

CHATAR Saïd                 

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