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Commémoration

Commémoration – 60 ans du massacre du 17 octobre 1961 d’Algériens à Paris

PRESENTATION DE L’ASSOCIATION :

Logo Les amitiés belgo algériennes
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LABA asbl www.laba-asbl.be se veut porter le Rayonnement de l’Algérie en Belgique à travers son Patrimoine Historique, Culturel et Artistique, la Promotion d’artistes et de compétences, ses Actions de solidarité ici et là-bas. C’est aussi l’Éducation permanente, le partenariat avec les autres structures ou communautés et son travail de Devoir de Mémoire par la révélation d’une Histoire partagée Belgique / Algérie.

Aujourd’hui, c’est la commémoration d’une histoire tragique qui s’est passé il y a 60 ans qui marque les mémoires où des centaines d’Algériens ont été noyés et massacrés dans la Seine à Paris, le 17 octobre 1961.

LABA asbl “Les Amitiés belgo-algériennes”, en collaboration avec Kranyi Collective, organise le 30 octobre 2021 à 16h au DK (Rue de Danemark 70B à Saint-Gilles) une Rencontre-projection-expo-débat + intermède musical sur : le Massacre d’Algériens du 17 octobre 1961 à Paris – 60 Ans déjà pour le rappel à l’histoire, date importante de l’immigration algérienne.

Nous serons à la veille du 1er Novembre 1954, à tous ces combattantes et combattants de la révolution algériennes, à la mémoire de toutes ces victimes, algériennes et françaises, de la violence policière.

Contexte :

Devoir de mémoire
Devoir de mémoire

Paris, 17 octobre 1961, 20h30, malgré la pluie et le temps glacial, à cinq mois de la fin de la guerre d’Algérie alors que le Général De Gaul négocie avec le Gouvernement provisoire algérien, à l’appel de la Fédération de France du FLN (Front de Libération National), 20 000 à 30 000 Algériens qu’on appelait les Français musulmans d’Algérie, ont décidé de braver l’interdit et convergent sur Paris pour manifester pacifiquement dans la Capital. Hommes, femmes et enfants habillés avec leur plus beau vêtement du dimanche, sans arme ou canif, même une épingle à nourrice, ou battons et ne pas répondre à la provocation des policiers, c’était le mot d’ordre.

« Nous savons qu’il y aura peut-être des provocations et que la police tirera. C’est à peu près inévitable. Ca nous coûtera cher, il y aura peut-être des expulsions et des arrestations. Mais les Français saurons que nous sommes à bout, et que la seule manière d’en finir avec notre problème, c’est d’en finir avec la guerre d’Algérie » (1)

Ils venaient à pieds, en métro ou en bus de banlieue, des bidonvilles ou quartiers périphériques où ils étaient parqués dans des baraquements de bois ou de tôles sans électricité et eaux en pleine boue sans rue ou trottoir, pour protester contre le couvre-feu raciste et discriminatoire qui leur est principalement imposé par le préfet de Police Maurice Papon et réclamer l’indépendance de l’Algérie à l’instar des manifestations de leur compatriotes en Algérie face au colonialisme français. Maurice Papon qui dont le nom est pour toujours associé à cette répression sanglante, mais également à la collaboration et au régime de Vichy.

Petit rappel historique :

Conquête française en AlgérieL’Algérie est encore sous colonisation française depuis 1830 où les bateaux français ont débarqués sur Alger, la soufflette d’éventail de Hussein dey d’Alger au Consul de France, trois années auparavant, le 30 avril 1827, en a été le prétexte, c’était le début de la conquête française en Algérie alors qu’en cette année 1830, et j’ouvre une parenthèse, la Belgique prend son indépendance du Royaume des Pays-Bas le 4 octobre, un des liens historique qui nous relie ici à notre chère Belgique, car il y en a d’autres et qui pourront faire l’objet d’un autre article.

Je ne peux faire fi non plus de la dernière déclaration du Président Emmanuel Macron remettant en question l’existence d’une nation algérienne avant la colonisation française, la désignation de Consuls de France successifs prouve, l’existence d’un État algérien bien avant la colonisation française en Algérie, explication soutenue par plusieurs personnalités dont l’historien Benjamin Stora, que j’avais invité pour une conférence le 5 juillet 2011 dans le cadre de LABA asbl pour sa première venue à Bruxelles et dont la mission lui a été confié par le président français de présenter un rapport sur « la mémoire de la colonisation et la guerre d’Algérie », ou encore Fabrice Riceputi, auteur de « Ici on noya les Algériens », parus le 2 septembre de cette année pour les 60 ans du 17 octobre 1961, sujet de ma présentation aujourd’hui.

Le couvre-feu instauré uniquement aux Français musulmans d’Algérie avait pour cible le contrôle et empêcher les activistes algériens dans cette période difficile de la guerre d’Algérie, d’attentats en France par le FLN qui recrutait et récoltait de l’argent parmi les travailleurs algériens surtout le soir. Seulement ces Algériens n’étaient pas tous des activistes et avaient comme tout citoyen français ou autre besoin de sortir après 20h pour tout simplement aller au cinéma, boire un verre, voir des ami.es ou encore plus impératif, se rendre en urgence à l’hôpital ou appeler un médecin.

Nous en avons vécu des couvre-feux durant les confinements de la Covid-19 dans des conditions de paix, de meilleure prospérité et bien plus agréables que celles vécus il y a 60 ans par cette première génération de travailleurs immigrés algériens et beaucoup d’entre nous n’arrivaient pas à le supporter.

Le dispositif de police est impressionnant et les interpellations ont commencé dès le début de la journée. Tous les accès vers Paris, les bouches de métro, les arrêts de bus sont cernés par les policiers et embarqués dans des bus réquisitionnés de la RATP, ceux-là même qui avait été utilisés en 1942 pour conduire les juifs raflés aux portes du Vel d’Hiv. Les autorités françaises avaient la ferme intention de couper la route à tout.e manifestant.e quelle qu’il soit et à user des moyens les plus tortionnaires, répressifs et violents.

Le Figaro

Au lendemain, du massacre de cette nuit noire pour les Algériens à Paris, Jacques Panijel, commence le tournage d’”Octobre à Paris” pour alerter l’opinion sur la tuerie qui vient de se produire dans les rues de Paris alors que le bilan officiel déclare trois morts et une soixantaine de blessés, on est très loin de la réalité selon les historiens dont Jean-Luc Einaudi qui par son travail militant a été le premier à dénoncer ce mensonge d’État, il faut lui rendre hommage.

La presse complice, annoncera une cinquantaine de blessés sur les plus de 200, voire 300 morts car beaucoup n’ont pas été retrouvés passant sous silence une des plus meurtrières répressions de l’État de l’histoire de France dont les faits n’ont été reconnus que depuis peu par la France. Il a fallu attendre 1998 pour estimer à au moins 48 tout en sachant que le rapport ne pouvait avec exactitude donner le nombre exact de morts.

Sans distinction aucune, alors qu’ils manifestaient en familles, personne n’a été épargné et en toute impunité durant toute la nuit et les jours précédant. Arrestation et début des violences, hommes, femmes voir, bébés, enfants, ont été battus et jeté dans la Seine vivants ou parfois pieds et poings liés. Certains ont été abattus par balle. Des brutalités des plus inhumaines et meurtrières ont été sans limite, torture, coup de matraque, bastonnade policière et de harkis à plusieurs sur une personne, coup de mitraillette, mis à nus des personnes soit sur le sol glacé ou sur des verres brisés et du charbon, d’autres attachés assis sous une bouteille de verre sur les parties intimes, lancement de l’eau de javel, …

Jacques Panijel s’acharne pour tout dénoncer, composé de captations documentaires, d’interviews de manifestants et de reconstitutions, le film que nous allons projeter ce 30 octobre 2021 a été censuré dès 1962, année de l’indépendance d’Algérie, il est menacé de poursuite. Il a fallu attendre bien des années après la fin de la guerre d’Algérien en 1973 pour la levée de l’interdiction après une grève de la faim du cinéaste et de l’ancien résistant, réalisateur anticolonialiste René Vautier, pour que le film obtient son visa d’exploitation, il pouvait enfin être diffusé.

Ce massacre en règle a donné date à la Journée de l’immigration algérienne. Un oubli volontaire, un mensonge d’État, occulté nous dit l’historien français Patrick Boucheron. Un massacre en toute impunité, longtemps occulté de la mémoire collective où des centaines d’Algériens ont été jetés à la Seine depuis le pont Saint-Michel, une page les plus sombres de l’histoire contemporaine de l’Europe occidentale et de la Vè République depuis la répression de la Commune de Paris en 1871.

Les familles victimes de ce massacre n’ont pas pu en parler pendant longtemps, un silence comme un sujet tabou des sévices et humiliations qu’ils ont subis pour préserver leurs enfants de la haine contre les Français.

En 2012, le président François Hollande avait fait un geste en rendant hommage aux victimes, mais sans parler de «crime». Emanuel Macron pour les 60 ans a parlé de “crime inexcusable” mais la campagne électorale présidentiel et la pression de la droite française et des enfants d’appelés de la guerre d’Algérie obligent, le Président ne reconnaîtra toujours pas un “crime d’État”.

« Ce massacre demeure consciemment occultés, démonstration de la haine de classe et du racisme qui imprègne toujours la lecture de l’histoire officielle » (2) et toujours d’actualité en ces 40 ans de la Loi Moureaux.

(1) Déclaration d’un syndicaliste algérien le 17 octobre dans le Journal Afrique Action, extrait du recueil de Karim Brikci Niggassa, auteur de l’Expo photos sur la répression du 17 octobre 1971, de Krasnyi Collective que vous pouvez voir encore jusqu’au 30 octobre lors de notre rencontre-débat à Le DK à Saint-Gilles.

(2) Extrait du recueil de Karim Brikci Nigassa.

La programmation de la rencontre-débat :

Nous serons à la veille de la célébration du 1er novembre 1954 qui marqua l’insurrection et le déclenchement de la Guerre de Libération algérienne, aujourd’hui, Fête nationale algérienne :

. Autour d’une Expo photos et de dessins du collectif Krasnyi qui retrace la répression violente et sanguinaire du 17 octobre 1961.
. Autour de la Projection du film « Octobre à Paris » de Jacques Panijel qui retrace les faits. Dès le lendemain, Jaques Panijel commence le tournage d’Octobre à Paris pour alerter l’opinion sur la tuerie qui vient de se produire dans les rues de Paris. Composés de captations documentaires, d’interviews de manifestants et de reconstitutions, le film a été censuré dès 1962 et Jacques Panijel menacé de poursuite. – Présence de témoins sous réserve.
. Débat
. Intermède musical avec le chanteur Mousse Ouriaghli et le Slameur Guy de Haleux.

Ghezala Cherifi

Ghezala CHERIFI
Présidente de LABA asbl
(Les Amitiés belgo-
algériennes asbl)

Affiche rencontre 301021
Affiche rencontre 301021