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Arabie Saoudite

La promesse du nouveau Régime

Côté cour, le prince Mohammed Ben Salmane a été désigné comme héritier de la monarchie saoudienne. Depuis lors, l’Arabie Saoudite veut changer sa politique économique mais aussi religieuse. Un pays moyenâgeux en pleine transformation. Le prince veut instaurer un nouveau régime plus « modéré ». Il y a un nouveau souffle d’espoir au Moyen Orient. Le temps nous confirmera ce qui est en train de se passer dans le monde Wahhabite.

Depuis sa désignation le 22 juin 2017 le prince héritier ne fait pas dans les dentelles. Il paraît qu’il a la volonté de tout chambarder pour faire de l’Arabie Saoudite un pays sunnite, moderne et ouvert au monde extérieur. Il ne tourne pas autour du pot, il fonce directement vers les milles et une causes qui font de son pays riche en pétrodollars mais très arriéré dans des coutumes et mœurs d’un autre temps. Pas de partis politiques, pas de syndicats, pas de vie associative, pas de liberté d’expression, avec un Wahhabisme exaspérant rendant la femme moins qu’un objet, suspecté d’aider les organisations terroristes. Un pays gangrené de corruption à grande échelles, un pays bureaucrate à outrance, une gouvernance trop centralisée. Pour ne citer que ces problèmes qui ne font que le top de l’iceberg, le Petit Prince aura beaucoup de pain sur la planche.
Sans détour il limoge son cousin Mohamed Ibn Nayef, il arrête des ministres et des princes impliqués dans la fraude et la corruption, il apporte des changements dans le sport, surtout pour les femmes. Il autorise les femmes à conduire et à participer aux événement divers.
Le prince Mohamed Ben Salmane, ancien ministre de la défense, fils favori du Roi Salmane est devenu en quelques années l’homme le plus puissant de son pays. Justement, par hasard, après la dégringolade des prix du pétrole, de la guerre au Yemen, en excluant la Qatar, le Royaume Saoudite se trouve à la croisée des chemins. Ennemi juré de l’Iran Chiite, de peur que la Syrie tombe dans les mains des Ayatollahs l’Arabie Saoudite cherche un nouveau élan avec le nouveau « Lawrence d’Arabie » pour arrimer son pays avec les pays démocratiques.
Cette fois-ci la mission et de faire sortir l’Arabie Saoudite du cercle vicieux des crises économiques, politiques, diplomatiques, guerrières et religieuse. Sa politique est claire et nette. Avant de s’attaquer aux problèmes internationaux il est en train de nettoyer chez soi. D’une pierre plusieurs coups. Préparer sa relève, éliminer les opposants, prendre le leadership, s’approcher du peuple saoudien, mettre de son côté la population féminine, se profiler comme l’homme providence le plus fort tout en renforçant son pouvoir.
Dans le monde sunnite l’Arabie Saoudite était en perte de vitesse. Deux pays lorgnaient le leadership musulman le Maroc et la Turquie. Deux pays sunnites en course vers un leadership sunnite, moderne, innovant, tolérant avec un Islam du milieu. Si l’Arabie Saoudite arrive à se débarrasser du clan Wahhabite elle sera le troisième pays en course pour le leadership mondial. A mon avis, si l’Arabie Saoudite continuait sa politique hégémonique avec son Wahhabisme archaïque tôt ou tard sera confronté avec le Maroc et la Turquie. En tout cas, si le royaume saoudien change de cap, se réconcilie avec le monde sunnite et abolit définitivement le Wahhabisme alors elle aura plus de chance d’entrer dans la course. L’Arabie Saoudite à deux atouts majeurs que ni le Maroc, ni la Turquie ne possèdent. La gestion des lieux saints et des moyens financiers faramineux par rapport aux deux concurrents.
En tout cas la purge comme prétendent les occidentaux a été minutieusement préparée. Il a osé s’attaquer à des milliardaires et à des grandes personnalités du pays. Tous les peuples occidentaux veulent combattre la corruption telles les « Panama Papers » et dernièrement l’évasion fiscale « Paradise papers ». Des personnalités influentes et puissantes entre autres, la reine d’Angleterre, la reine de Jordanie, Madonna, Shakira, Bono, Nike, Facebook, Apple Whirpool sans citer des citoyens et des firmes belges. Ce sont des milliards de dollars placés dans des comptes offshore, loin des systèmes de taxation équitables dans des paradis fiscaux.
Une douzaine de pays sont actuellement dans le collimateur de l’Union européenne et la liste de personnalités citées dans les «Paradise papers» s’allonge chaque jour. Il y aura peut être des sanctions et des pousuites mais ça ce n’est pas une purge et il n’y aura pas de chasse aux sorciers. Mais, si un pays arabe combat la corruption alors c’est une purge. Malgré que ces arrestations sont intervenus dans un cadre légal d’une opération anti-corruption.
Dans le monde arabe combattre la corruption équivaut à une compagne de nettoyage politique et l’élimination des ennemis de l’état. Seuls les européens ont le droit de combattre la corruption parce qu’elle nuit à l’économie, comme si en Arabie Saoudite la corruption ne nuit personne.
Si l’Arabie Saoudite affirme via son prince un désir de changement, c’est son droit. Alors j’espère que le combat du prince héritier Mohamed Ben Salmane est sincère et qu’il agit dans la légalité alors il incarne vraiment le printemps saoudien. Combattre la corruption d’un côté et combattre le lobby religieux ultra-conservateur s’apparente à une révolution et pas une purge. Pour rompre avec le Wahhabisme, la version la plus rétrograde et la plus extrémiste alors il faut avoir beaucoup de courage. Le prince a déclaré solennellement «  Nous n’allons pas passer trente ans de plus de notre vie à nous accommoder d’idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant ». C’est la déclaration de guerre à un lobby très puissant.
Actuellement au Moyen Orient en train de se transformer, du côté de l’Iran comme du côté de l’Arabie saoudite, on commence à compter les alliés et à pointer du doit les ennemis. Ce sont les USA qui ont bouleversé radicalement l’équilibre fragile du Moyen Orient. Des alliances se sont défaites et d’autres alliances se sont refaites. Il y a l’axe Russie Iran Syrie et l’axe États Unis Arabie saoudite (et un peu le monde sunnite). Pour le moment c’est la règle binaire qui s’installe doucement mais sûrement « Tu es avec ou contre moi« . Pour des raisons internes et à cause du problème kurde Erdogan n’a pas encore choisi son camp. Le Maroc hésite encore de couper les liens avec ses alliés traditionnels. Y aura-t-il une guerre pour le leadership du Moyen Orient personne ne le sait et espérons que non. En tout cas les ambitions d’un côté comme de l’autre s’expriment déjà plus ou moins politiquement et militairement.
En tout cas, quoi qu’on dise j’espère que le prince Mohammad soit le messie salvateur pour faire sortir la société saoudienne médiévale et la faire entrer dans la modernité.
Ceci étant dit, c’était mon point de vue optimiste et plein d’espoir pur un peuple qui a souffert pendant deux siècles. Coté jardin, il se peut que Md Salmane n’est qu’un tsunami ravageur qui lutte contre des adversaires pour asseoir et consolider son pouvoir absolu. Ou un tsunami dévastateur éliminant tous les obstacles pour concentrer tous les pouvoirs.
Dans le monde arabe nous avons connu un tas de leaders et de libérateurs entre autres comme Kadhafi, Saddam Hossein, Hafez el-Assad, Bachar el-Assad, Habib Bourguiba, Zine El Abidine Ben Ali, Anouar el-Sadate, Hosni Moubarak et Abdel Fattah al-Sissi. L’histoire s’est répétée à chaque fois de la même manière. Leurs objectifs, le pouvoir absolu et l’instauration de la dictature.
Sarie Abdeslam
A chaque fois les peuples avaient de l’espoir et à chaque fois grande fût leur déception. Même le printemps arabe a été détourné et n’a profité qu’aux charognards et aux vautours. Alors, va-t-on assister en direct à la métamorphose de l’Arabie Saoudite médiévale en un régime dictatorial avant-gardiste et moderniste.

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