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A propos des événements du Rif

Rappel

Tout d’abord, je vais me permettre de revenir sur mon dernier article intitulé ‘’ Islam et laïcité ‘’ dans lequel j’avais oublié de rappeler le soutien que la Belgique avait apporté à l’adhésion de l’Arabie saoudite à la commission des droits de la femme des Nations unies. Et à ce propos, le royaume des Al Saoud ne possède-t-il pas la législation la plus réactionnaire, la plus passéiste et la plus restrictive en matière de droit des femmes ? La Femme saoudienne ne subit-elle pas encore aujourd’hui la tutelle légale qui lui impose le contrôle d’un homme au quotidien ? Cette tutelle légale ne fait-elle pas accepter par force ou par autorité le mariage forcé à la femme saoudienne ? N’interdit-elle pas à la femme saoudienne de conduire une voiture ? Décidément, le gouvernement de la coalition M.R et N-VA fait des travaux d’approche politique bizarre pour dissuader les facho-obscurantistes wahhabites des Al Saoud de continuer leur politique moyenâgeuse actuelle.

Première partie

Les événements que connaît la province d’Al Hoceima pour le moment résument en eux beaucoup de problèmes essentiels et existentiels qui consistent en l’accession des populations de cette province à la dignité et à l’humanisme par la participation à la communauté de cette région délaissée. Car notre contexte ne supporte plus un pays où règne une atmosphère régressive, pesante. Cette régression est due à des raisons objectives et subjectives.

Parmi les raisons subjectives : le climat de violence et de frustration dans lequel le jeune Marocain est souvent élevé, construit une personnalité névrotique ou paranoïaque pour les femmes et pour les hommes. Pour ce qui est de la raison objective qui est d’ordre collectif et global, à part le développement de la mentalité rétrograde en tous points des classes dirigeantes marocaines et de la généralisation de la corruption qui constituent un frein au progrès socio-économique du Maroc où s’établit une société à deux vitesses, il y a bien sûr le développement du sous-développement, symbole explosif. Mais le contexte marocain ne supporte plus les dépossédés, les déshérités, les marginalisés, les exclus. Il ne veut pas non plus une croissance exclusive comme c’est le cas actuellement au Maroc, mais plutôt une croissance fondée sur des travaux d’approche inclusive, participative et démocratique. Et à ce propos, en dépit d’une croissance intérieure ‘’positive’’, la pauvreté ne cesse d’augmenter. Près de 7 millions de marocains vivent au-dessous du seuil de la pauvreté. Alors, où va le Maroc ?

Le contexte marocain veut, du moins pour les esprits patriotiques et sincères, l’intégration de tous et de toutes aux bienfaits de la vie communautaire. Ainsi donc, à l’exception des féodalités qui collaborent avec le grand capital financier apatride, tous les hommes et toutes les classes sociales du Maroc qui aspirent au changement, au développement socio-économique et culturel, au progrès et à l’ascension, sont concernés par ces soulèvements populaires d’Al Hoceima. Ainsi ces révoltes des masses populaires de la province du Rif se rattachent-elles à des mouvements plus vastes et latents qui peuvent éclater et se propager à tout moment à travers le royaume. Ces manifestations de rue qui couvrent l’état actuel des habitants de la province du Rif qu’on pourrait appeler l’ascension progressive des classes sociales, sont dues essentiellement à des facteurs internes, à l’émergence des nouvelles forces.

Ces démonstrations de rue se renforcent chaque jour d’éléments nouveaux qui aspirent à conquérir plus de démocratie et d’autonomie socio-économique en entrainant dans leur sillage les classes moyennes, les diplômés chômeurs, le lumpenprolétariat, les inorganisés… Ces classes « inférieures » ne demandent-elles pas également, à travers ces révoltes, leur participation à la vie collective ?

Les masses marocaines, surtout celles qui, jusqu’à présent, en ont été excommuniés, réclament une digne ascension au travail humain, à une économie humaine, à une culture humaine, à une participation à la vie de l’Etat, à leur affranchissement du joug que leur imposent la mafiocratie et ses féodalités politico-financières et autres trabendistes.

Cette mafiocratie qui est dangereuse pour la stabilité du pays et à laquelle le peuple marocain ne fait plus confiance, veut garder coûte que coûte ce statu quo d’oppression et d’injustice qui l’arrange afin d’éloigner le roi de son peuple et conduire le pays droit dans le mur, c’est-à-dire le chaos. Aussi essaie-t-elle de faire croire au roi et à l’opinion publique nationale et internationale que ces mouvements protestataires sont encadrés, supervisés et dirigés par des sécessionnistes et des traitres à la nation. Ce qui est absolument faux. Par contre, ce qui est sûr, c’est que les marocains en général et les habitants d’Al Hoceima en particulier ne font plus confiance aux classes dirigeantes et à certains éléments faisant partie de l’entourage du roi. Dès lors, comment faire pour finir avec cette mafiocratie et ses trabendistes pour mettre en application des vraies réformes destinées à instaurer une monarchie parlementaire et à rendre aux classes «inférieures» appauvries de façon volontariste, leur dignité, une participation réelle à la vie en général ?

Aussi l’avenir du Maroc au 21ième siècle se trouve-t-il devant l’alternative cruciale que voici : soit la révolution comme ce fut le cas en France en 1789, et dans ce cas ce sera le chaos, soit comme en Angleterre où le peuple anglais avait procédé à des grandes réformes pour aboutir enfin à une monarchie parlementaire. Heureusement pour le Maroc, l’ensemble du peuple marocain est pour le deuxième choix, c’est-à-dire la monarchie parlementaire. Mais pour arriver à l’instauration de cette nouvelle institution royale qui sera en phase avec le 21ième siècle, il faudra commencer par des vraies réformes et non pas des réformettes, dans tous les secteurs institutionnels de l’Etat.

Voilà le défi que le Maroc, son peuple et son roi se doivent de relever ensemble. Défi qui est formé d’un faisceau de problèmes qui vont dans le même sens. Parmi ces problèmes nous allons citer : la Justice, l’Education, l’Enseignement, l’Instruction, le Savoir, la Santé, l’humanisation du Travail, le Salaire, la Culture, les Loisirs, la Sécurité, La propriété, etc. Cependant, comme j’avais déjà écrit de nombreux points de vue relatifs à ces problèmes dans notre journal Dounia-News, je vais me limiter

aujourd’hui au problème du Travail qui constitue la colonne vertébrale permettant à toute personne de se déplacer mécaniquement et à toute société de se mouvoir dialectiquement pour avancer vers le progrès…

A suivre…

Saïd CHATAR

A ce propos abdeslam