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I had a dream

I had a dream

Martin Luther King a eu un rêve, historique. Moi par contre, j’ai eu plusieurs rêves. Des rêves fous, des rêves en noir et blanc et d’autres en couleurs. Mais je ne vais pas vous ennuyer, car il sera inutile et fastidieux de raconter tous mes rêves. Un seul revient au galop à chaque fois que je ferme les yeux.

Mon rêve est tout simplement une histoire d’amour entre un grand peuple et une petite communauté qui fait partie intégrante de ce grand peuple. Une toute petite communauté avec un grand cœur. Une petite communauté à la recherche de son identité, de ses racines et de sa dignité. Loyale à son pays d’origine elle ne s’est jamais sentie déracinée malgré la distance qui la sépare de son premier amour.

Dans ce rêve fou j’ai rencontré des rêveurs et des songeurs, des romantiques et des réalistes, des pragmatiques et des opportunistes, des explorateurs et des bons vivants, finalement j’ai rencontré des vampires et les démolisseurs de rêves.

Ces crétins démolisseurs sont les plus ignobles, sans scrupules ni conscience essayent avec acharnement de briser mon rêve. Comme des sous-marins ou un brise glace ils travaillent en pénombre jamais en plein jour. Ce sont des opportunistes et des profiteurs, toujours à l’affût d’un rêve égaré pour s’en emparer et le démolir. Ce sont des hyènes qui ont conclu un pacte avec des vautours et d’autres rapaces. Ce sont nos frères ennemis avec leurs alliés sataniques et pleure-misères. De loin ils nous ressemblent, de près c’est une race à part avec une physionomie inhumaine. Quand on les croise ils baissent les yeux. Derrière nos dos ils redeviennent des bêtes féroces, d’une méchanceté colérique et hargneuse comme des piranhas.

Grincheux et belliqueux en permanence ils ont perdu la foi en leur patrie mais prétendent le contraire, ils ont perdu toute loyauté, même vis-à-vis d’eux-mêmes, mais ils se prennent pour des leaders. Dilapider les acquis historiques de notre Hijra (exil) est leur sport favori. Complètement myopes, ils piétinent aveuglement le plus sacré de notre lutte. Malhonnêtes comme ils sont; ils remplacent l’engagement par des intrigues, les militants par des moutons et les délégués par des brebis. Limités dans la créativité, ils copient maladroitement les idées des honnêtes gens. Ce sont les analphabètes de la vie associative. Ils ne connaissent, ni statuts, ni règlement d’ordre intérieur, ni charte, ni déontologie ni probité ni pudeur.

Arrivistes à outrance, candides irresponsables, délateurs avérés ils sont gravés à jamais dans notre mémoire collective. La fraude et la malversation sont devenus leur pain quotidien. De par leur mauvaise gestion, leur incompétence, leur courte vue, leur docilité servile aux ordres venus d’ailleurs, ils sont vulnérables et n’ont aucune légitimité. Leur présence parmi nous est une catastrophe, les laisser faire est un vrai désastre.

Semer la zizanie et la discorde est leur passe-temps favori, leur distraction préférée lancer les critiques acerbes contre ceux qui militent et qui travaillent. La jalousie, l’envie de démanteler, diviser pour régner, sont leurs uniques slogans et mots d’ordre. Mobiliser les moutons, les brebis et les béni-oui-oui est leur seule méthode de travail pour faire plaisir à leurs maîtres. A chaque sabotage ou délation ils fêtent leur joie d’un succès éphémère.

Pour combattre ces détracteurs sordides un seul mot d’ordre: « l’union fait la force ». Pour les dénoncer, un seul moyen, s’organiser et conscientiser l’opinion publique. Pour les affaiblir, une seule solution, informer, former et rester vigilant. Surtout ne jamais les combattre directement sinon vous trébuchez avec eux dans les caniveaux, leur terrain favori de prédilection, ils auront le plus d’avantage et sortiront triomphants.

En plein rêve j’ai juré que personne ne brisera mon rêve, même s’il est un peu fou.
Avant hier j’étais acculé vers « l’Hijra » l’exil et n’avais aucun choix.
Hier, j’ai regagné ma liberté, mon indépendance, ma fierté, ma dignité et l’expression d’agir, qui m’ont été confisqués un jour.
Aujourd’hui, libre et responsable de mes actions je lutterai de toutes mes forces pour garder à jamais cet acquis de liberté et de libre choix.
Demain, personne ne pourra décider à ma place, ni comment ni quand sera mon retour « Äwda » au pays bien aimé ou mon choix définitif de vivre éternellement dans mon beau pays d’accueil. Enfin, je continuerai à rêver avec mes amis pour un avenir meilleur, pour un vivre ensemble dans l’harmonie, pour un monde hospitalier, bienveillant, tolérant, juste et pacifique.

Sarie Abdeslam

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