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Accompagnement des jeunes

Après les émeutes de Bruxelles

( Le 11, 15 et 25 novembre 2017 ( Le 11, 15 et 25 novembre 11/11.17) : https://goo.gl/37kwRv ) il est apparu clairement qu’il y a un vrai et grand problème avec certains jeunes de Bruxelles. Ici on ne va pas chercher les mille et une causes de ces débordements chaotiques, désastreux et incompréhensibles. Ce qu’il faut d’abord et avant tout, un accompagnement pour éviter que de tels émeutes ne se répètent dans l’avenir.

Nous avons déclaré solennellement que nous nous distançons carrément de ces fauteurs de troubles, nous condamnons fermement de tels agissements et demandons que justice soit faite. Nous avons maintes fois déclaré notre solidarité avec toutes les victimes. D’autres ont trouvé facilement des boucs émissaires comme réponse simpliste pour apaiser leurs consciences et accuser faussement et naïvement les étrangers, les réfugiés politiques et les migrants. La répression a déjà eu lieu et les règlements de compte auront certainement lieu. Est-ce suffisant pour y remédier, colmater les brèches et attendre passivement les nouvelles émeutes. Depuis toujours, les gens n’apprennent pas avec les victoires mais avec les défaites. Que les dernières émeutes soient une bonne leçon et une expérience pour nous mais surtout pour tous les responsables et tous les politiciens.
Maintenant que le choc est passé et que les têtes sont froides, alors il est temps de faire en sorte de prendre les mesures nécessaires pour prévenir et éviter des débordement éventuels et, il est aussi  le moment venu de s’ouvrir, d’approcher les jeunes d’une manière positive, de les écouter attentivement et de mieux les comprendre. Ce sont des jeunes certes un peu rebelles, insoumis, un peu subversifs et désobéissants mais ce ne sont certainement pas des racailles comme il a été suggéré par un certain Karimet ils ne sont certainement pas irrécupérables. C’est vrai ils sont têtus mais bel et bien recyclables. Rappelez-vous, les rebelles casseurs de mai 68 sont aujourd’hui des leaders, des dirigeants de partis et des responsables d’entreprises.

*Lire l’article de Selma Benkhelifa, (Émeute à Gand: «Ce qui frappe, c’est la différence de traitement médiatique et politique») : https://goo.gl/odWynz

La Belgique et plus spécialement Bruxelles a un besoin manifeste de créer des structures adéquates d’accompagnement. C’est une priorité indéniable et une urgence notoire pour s’attaquer aux racines du mal qui ont poussé des jeunes à se rebeller contre la société. En priorité, rétablir une communication avec les jeunes dans les quartiers, comme je l’ai suggéré dans mon article « Les hors la loi : »

Il y a sans aucun doute un manque ou une absence chronique de communication. Dans un monde sur-médiatisé, mondialisé et sur-informatisé les jeunes ne nous comprennent pas et nous ne les comprenons pas. Il faut coûte que coûte rectifier le tir avant qu’il soit trop tard. » Article paru chez Almohagir : https://goo.gl/yzFhFe

Il suffit simplement de se promener dans les rues de Bruxelles pour constater  avec amertume qu’il y des jeunes qui errent en petits groupes complètement perdus. Demandez leurs avis, ils vous répondront qu’ils ne comprennent plus ce que les adultes font ou ne font pas. Ils sont complètement déphasés avec la réalité. Ils ont besoin d’aide et d’accompagnement, ils ont un grand besoin de se faire écouter, ils ont besoin d’être soutenu et guidés, ils possèdent énormément d’énergie et ne savent pas comment la consommer. Ils ont besoin d’un accompagnement compétent et adéquat qui peut les comprendre, les sortir de leur isolement et les encadrer. Il ont surtout besoin de comprendre ce qui se passe au niveau de leur commune, au niveau belge, européen et mondial. Les jeunes sont avides de savoir  par rapport à beaucoup de problèmes actuels, qui les concernent mais ne pigent rien, entre autres, les guerres au Moyen Orient, la souffrance du peuple palestinien, le radicalisme, l’islamophobie, Trump et sa politique anti arabe et antimusulmane, le marché de l’emploi, leur place dans la société, leur avenir en Belgique, la politique belge, les institutions belges…
Il est temps de sortir du cercle vicieux des études, des ouvrages, des statistiques, des recherches et des publications de toutes sortes et des débats bidons au sujet des jeunes. Il faut une vraie politique préventive  anticipative, préventive tout en en devançant les troubles et pas courir chaque fois après coup.
Il est temps de concrétiser des projets adaptés qui font des jeunes de vrais acteurs de changement, de vrais responsables de leurs actes, les faire participer activement dans des projets que eux choisissent et proposent de la conception à la réalisation comme de vrais partenaires. Les jeunes ne sont pas des enfants, traitez-les comme de adultes car ils n’acceptent plus d’être de simples consommateurs passifs dans des programmes Ex-Cathedra non adaptés à leurs besoins spécifiques.
Il faut une réadaptation de fond en comble des maisons de jeunes, des centres d’accueils, il faut donner assez de moyens aux différents lieux d’accompagnement qui font de leur mieux. A titre d’exemple l’asbl Repère, il y en a d’autres initiatives à Bruxelles qui vivent la même situation, ne sont pas encouragés ni visités par nos gouvernants. Voir et lire le communiqué de l’asbl Repère qui a lancé un cri d’alarme :

« Pourquoi une association comme Repère est-elle mise sur le côté alors que son projet rencontre un besoin certain chez les jeunes fragilisés des quartiers populaires. » Paru dans Dounia News le 3 décembre 2017 : http://www.dounia-news.eu/repere-espace-asbl/

L’asbl Repère à Molenbeek-Saint-Jean fait tout son possible pour participer au débat et faire participer des jeunes fragilisés mais ne reçoit pas l’aide nécessaire ni l’attention des médias comme elles le font excessivement pour les terroristes, les radicalisés et les émeutiers. C’est le monde à l’envers, ceux qui ont besoin de se faire remarquer par leur travail formidable n’ont même pas droit à trois lignes et les destructeurs et les terroristes ont leurs photos, leurs CV et leurs méfaits sur de grandes pages de journaux, de mensuels et toutes les TV belges les font voir et revoir des milliers de fois. Tout le monde en en parle, les spécialistes, les psychologues, les psychiatres, les experts etc. Les terroristes sont traités comme des héros et, les vrais héros sont condamné au mutisme et à la discrétion. Deux poids deux mesures, les mauvais ont toujours fait la une des journaux, pour ceux qui travaillent sur le terrain sont littéralement méconnus, délaissés, ignoré, c’est lamentable et c’est dommage.
Ceux qui travaillent d’arrache-pied pour un meilleur vivre ensemble, sans beaucoup de moyens sont les oubliés d’une société qui préfère mettre en valeur et étaler quotidiennement le sensationnel, la violence, les débordements, les émeutes, les déviationniste, les radicalisés… C’est toujours la même rengaine, ont met sur le piédestal une toute petite minorité tapageuse et, on étouffe, on rend inaudible des groupes qui militent quotidiennement pour une société tolérante, pour une vraie mixité, pour un vivre ensemble harmonieux et pour la construction d’un avenir meilleur. L’asbl Repère et d’autres associations à Molenbeek-Saint-Jean et ailleurs à Bruxelles font un labeur extraordinaire, fantastique, remarquable et qui méritent reconnaissance, soutien, appui, lauriers, honneurs, célébrité et gloire.
Afin de clôturer mon article, encore une fois à titre d’exemple, vous pouvez vous même vous rendre compte du type de travail réalisé sur le terrain par Repère, il suffit à visionner l’une des vidéos de présentation sur Youtube : https://goo.gl/5Q2xpq
A bon entendeur.
Sarie Abdeslam
Sarie Abdeslam
Auteur du livre « Entre le marteau et l’enclume » Edilivre.
Web-master et responsable de Dounia News
www.dounia-news.eu
sarie@dounia-news.be

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